In extrémis
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In extrémis

#409 · Publiée le 2 septembre 2026 · 4 min de lecture

Texte

C’était le mois de décembre. Arnaud descendait au village pour aller acheter des gâteaux pour ses enfants et des provisions pour les fêtes.
Les petits auraient été déçus si leur père ne leur avait rien offert.
Il allait profiter de cette course à la ville pour rendre aussi visite à son cousin malade. Il s’était donc mis en route de bonne heure.
La neige couvrait le sol et effaçait les sentiers. Le ciel était gris et les nuages bas.
— " Bah ! Je connais bien ma route, se disait-il. "
Le solide montagnard, rempli de confiance, avait vite atteint le fond de la vallée. Il espérait rentrer de bonne heure au chalet, avant que la nuit ne tombe, car la nuit était très noire.
Mais il avait oublié que les magasins étaient remplis de monde et que les vendeuses étaient débordées en cette veille de Noël.
Il perdit beaucoup de temps pour ses maigres achats et fut retenu plus qu’il ne fallait auprès de son cousin malade.
Lorsque la nuit fut venue, Arnaud était encore bien loin de la maison.
Il serait arrivé sans peine, car il connaissait bien la montagne, mais, malheureusement, la neige s’était mise à tomber. Il ne voyait plus rien.
À ce moment-là, une grande angoisse s’empara de lui. Tout en marchant, il se souvint d’une histoire entendue jadis à l’école :
C’était l’histoire d’un paysan qui, bien que sachant qu’un clou manquait au fer de son cheval, ne l’avait pas fait remplacer. Le cheval perdit son fer, glissa sur la route et se brisa une patte. On avait dû abattre l’animal.
Cette histoire, banale sans doute, lui rappelait sa négligence.
Il savait que, sitôt après le chalet, le chemin sinueux bordait le précipice.
Il y avait bien une barrière en cet endroit, mais elle était vermoulue et cassée par endroits. Sa femme lui avait souvent dit :
— " Arnaud, pense aux enfants. Tu devrais remplacer cette barrière. "
— " Tu as raison, Marie. Je le ferai demain ! "
Et depuis plus de trois ans, la barrière n'avait toujours pas été remplacée ! Maintenant, Arnaud avançait, soucieux. La nuit était épaisse, trop épaisse pour qu’il pût apercevoir la lumière venant de la maison où l’attendait sa famille. En outre, il ne sentait plus le sentier sous ses pieds.
— " Et si j’avais dépassé ma maison sans m’en rendre compte ? "
Songea-t-il ?
_ " Si j’étais au bord du précipice ? "
C’est alors qu’il pensa à cette Parole de la Bible :
" Du bout de la terre, je crie à toi, le cœur abattu ; conduis-moi sur le rocher que je ne puis atteindre, Psaumes 61 : 2.
Jamais Arnaud ne pria avec tant de ferveur. Il réalisa ce que dit l’Écriture :
" Dans ma détresse, j’ai invoqué l’Éternel, et il m’a exaucé ; du sein du séjour des morts, j’ai crié, et tu as entendu ma voix, " Jonas 2 : 3.
À la maison, Marie était inquiète. Elle essayait de cacher son angoisse aux enfants et cherchait à les occuper. Elle décorait la nappe de petites branches de sapin et des rameaux de houe.
Elle avait aussi placé la lampe tout près de la fenêtre. Il faisait froid dehors, mais peu importait, il fallait sauver papa.
Hélas ! Sans le savoir, Arnaud avait dépassé le chalet et se trouvait à quelques pas seulement du précipice. Il pensa à une gravure qu’il possédait et sur laquelle on voyait un enfant qui cueillait une fleur au bord du précipice, tandis que son ange gardien était là, prêt à le retenir.
Et c’est exactement ce qui lui arriva ce soir-là.
Alors qu’il était en danger, ses enfants entonnèrent un vieux cantique :
« Hosanna ! Béni soit le Sauveur !
Qui, vers nous, plein d’amour
Descends du sein du Père !
Béni soit le Seigneur qui vient du plus haut des cieux,
Apporter aux humains un salut glorieux ! "
Des bribes de ce cantique arrivèrent jusqu’au montagnard.
Ce fut assez pour qu’il réalisât sa situation.
Alors, il ferma les yeux et resta un instant silencieux. Il tenait à dire un grand « MERCI ! » à Celui qui l’avait exaucé.
Il rentra au chalet et ce fut pour toute la famille une belle et douce nuit.
Du fond de l’abime, je t’invoque, ô Éternel ! Seigneur, écoute ma voix ! Psaumes 130 : 1

Versets

Ô Dieu ! écoute mes cris, Sois attentif à ma prière !
Psaumes 61:2
Il dit : Dans ma détresse, j’ai invoqué l’Éternel, Et il m’a exaucé ; Du sein du séjour des morts j’ai crié, Et tu as entendu ma voix.
Jonas 2:3
Cantique des degrés. Du fond de l’abîme je t’invoque, ô Éternel !
Psaumes 130:1

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