Texte du patriarche Athénagoras
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Texte du patriarche Athénagoras

#152 · Publiée le 4 octobre 2026 · 3 min de lecture

Texte

De 1888 à 1972, au fond de son bureau, sur une feuille pliée en quatre :
« Il faut mener la guerre la plus dure qui soit : la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer.
J'ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais maintenant, je suis désarmé.
Je n'ai plus peur de rien, car l'Amour chasse la peur.
Je suis libéré de la volonté d'avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur les richesses. J'accueille et je partage.
Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l'on m'en présente de meilleurs, ou plutôt non pas meilleurs, mais bons, j'accepte sans regret. J'ai renoncé au comparatif.
Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours pour moi le meilleur. C'est pourquoi je n'ai plus peur. Quand on n'a plus rien, on n'a plus peur.
Si l'on se désarme, si l'on se dépossède, si l'on s'ouvre à Dieu qui fait toutes choses nouvelles, alors, Lui, efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible. »
Pour ce « combat », sans doute faut-il d'abord s'appliquer à soi-même le « truc du saltimbanque ». Il est connu : perché sur une chaise, le jour du marché, le saltimbanque montrait une petite boite fermée aux paysans qui l'entouraient, médusés et bouche bée :
— Il y a là-dedans, disait-il, un remède souverain contre les ruades des mulets ; il est bon marché, c'est une affaire.
De fait, beaucoup l'achètent. Mais l'un des clients eut envie d'ouvrir la boite : il y trouva deux mètres de ficelle. Il protesta à grands cris :
— Tu as menti !
— Je n'ai pas menti, repartit le bonimenteur. Reste éloigné de la longueur de la ficelle et aucune ruade de mulet ne t'atteindra !
La séparation est le remède classique et radical recommandé par beaucoup. Parce que nous sommes exposés aujourd'hui à mille dangers, il est bon d'apprendre à se séparer de tous les « mulets » qui lancent des ruades morales.
Mais cela ne suffit pas, évidemment.
Un exemple peut nous aider à voir très clairement ce que nous avons à faire. Une famille venait de s'installer dans une jolie maison, entourée d'un jardin. Au printemps, elle découvrit que le jardin était couvert de chardons poussant dru. Ne ménageant pas leur peine, les nouveaux arrivants se mirent à l'ouvrage, mais, en vain :
ils avaient beau sarcler, arracher, ces mauvaises plantes repoussaient toujours. Ils prirent alors la bêche, croyant bien les éradiquer. Mais leurs racines étaient si profondes qu'ils ne purent en venir à bout.
Un vieux jardinier leur dit alors : « Une seule solution : planter des pommes de terre. »
Et ce fut la réussite : les tubercules occupaient le sol et leurs feuilles privant d'air les chardons qui tentaient de se faire une place au soleil.
Ainsi en va-t-il du cœur de l'homme. Méditons sur les paroles de ce patriarche. Bien que mort depuis plus de 40 ans, il peut encore nous aider dans notre marche avec le Seigneur !

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