La foi d'une mère 2° partie
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La foi d'une mère 2° partie

#149 · Publiée le 30 septembre 2026 · 6 min de lecture

Texte

Une autre fois, elle se trouva dans l’incapacité de payer la scolarité de
ses enfants. Et en plus, son mari lui faisait des reproches en la rendant responsable de cette situation. Il lui disait que la honte d’être endetté était due à son entêtement, ce qui aggravait considérablement ses problèmes financiers. Néanmoins, elle proclamait avec une confiance invariable que le Seigneur allait bientôt intervenir et les libérer.
La réponse de son mari était :
_ « Nous verrons, nous verrons plus tard, le temps nous le montrera ! »
Au milieu de ces circonstances très éprouvantes, alors qu’un jour, son mari était à son bureau absorbé dans ses méditations, le facteur apporta trois lettres, postées des différentes villes où les garçons étaient à l’école. Ces lettres disaient qu’à moins que les dettes ne fussent promptement payées, les garçons seraient renvoyés ! Leur père lut ces lettres avec un énervement grandissant, et les jetant par-dessus la table devant sa femme qui rentrait dans la pièce, il s’écria :
_ « Tiens, regarde-moi cela ! et paie donc tes dettes avec ta foi ! Moi, je n’ai pas d’argent, et je ne sais où en trouver ! »
Se saisissant des lettres, ma mère jeta rapidement un coup d’œil dessus, avec un visage grave, mais elle répondit fermement à son mari :
_ « Tout va bien, la cause est entendue, car Celui qui a dit l’or et l’argent m’appartiennent, va trouver facilement une solution pour nous. Après avoir dit cela, elle sortit rapidement de la pièce. »
Notre père pensa immédiatement qu’elle allait, comme elle l’avait déjà fait, voir un ami qui nous avait aidés auparavant ; mais il se trompait, car, cette fois-ci, ses pas la conduisirent dans une autre direction.
Nous avions, à la cure, une petite pièce tout en haut, fermée par une porte-trappe.
Derrière cette porte, elle savait qu’elle pouvait se mettre à genoux et commencer à s’entretenir avec Celui en qui elle pourrait trouver la force d’élever ses enfants.
Elle étala devant Lui les fameuses lettres, et Lui parla des moqueries de son mari. Elle Lui rappela aussi comment sa vie avait été rachetée des portes de l’enfer et de la mort, afin de sauver et élever ses enfants.
Elle déclara ensuite qu’elle ne pouvait pas croire qu’Il l’avait abandonnée dans ces circonstances ; elle ne pouvait se résoudre à croire que Dieu, pour la première fois, se détournerait d’elle.
Pendant ce temps, son mari l’attendait au pied des escaliers. La nuit vint, et elle n’apparaissait toujours pas ! Sa fille aînée, dont le prénom était Béate, monta les marches quatre à quatre et l’appela, mais sa mère lui répondit :
_ « Soupez sans moi ; pour ma part, j’ai autre chose à faire… ».
Plus tard encore, dans la soirée, la messagère remonta pour l’appeler, mais revint avec cette réponse : « Allez tous au lit ; ce n’est toujours pas le moment de me reposer... »
Une troisième fois, le lendemain pour le petit déjeuner, ils appelèrent à nouveau leur mère qui leur répondit :
_ « Mais laissez-moi tranquille ; je n’ai pas besoin de déjeuner. Quand je serai prête, je descendrai ! »
Les heures passèrent ainsi, et bientôt en bas des escaliers, son mari, les enfants, tous commençaient à s’effrayer, n’osant pas toutefois la déranger davantage encore. À la fin, la porte s’ouvrit, et elle sortit, le visage resplendissant d’une merveilleuse lumière ; la plus petite de ses filles pensa que quelque chose d’extraordinaire était arrivé ; courant se jeter dans les bras de sa mère, elle s’écria :
—"Maman, que s’est-il passé ? Est-ce que les anges ont apporté l’argent ?"
— " Non, mon enfant, répondit sa mère avec un sourire, mais maintenant, je suis absolument certaine que la fin de notre souci d’argent est proche."
À peine termina-t-elle sa phrase que, soudain, une dame vêtue comme une paysanne entra et dit :
— " Le maître de l’auberge des Tilleuls m’envoie pour demander à la femme du pasteur de lui accorder un moment pour venir le voir rapidement… "
— " Ah ! répondit notre mère, je sais ce qu’il veut ! Saluez-le de ma part, Madame, et dites-lui que je viens tout de suite. "
Là-dessus elle partit, et l’hôtelier qui regardait par sa fenêtre la vit arriver de loin. Il alla au-devant d’elle avec ces mots :
_ « Chère Madame, comme je suis content que vous soyez venue ! ».
Puis il la conduisit dans son bureau, à l’arrière, et il lui dit :
— " Je n’en connais pas la raison, mais la nuit dernière, je ne pus dormir en pensant à vous. Depuis quelque temps, j’ai plusieurs centaines de pièces d’or dans mon vieux coffre, et, toute la nuit, j’ai été hanté par l’idée que vous aviez besoin de cet argent, et que je devais rapidement vous le donner ! C’était impératif ! Si c’est bien le cas, le voici, prenez-le; ne vous en faites pas pour la question du remboursement. Si vous en avez la possibilité un jour, alors ce sera bien, mais sinon cela n’a aucune importance.
Sur ce, ma mère dit :
— " J’en ai effectivement besoin ; toute la nuit dernière, moi aussi, je suis restée éveillée, criant à Dieu afin qu’Il m’aide. Car, hier, j’ai reçu trois lettres des trois écoles dans lesquelles sont mes fils, disant que, si l’argent de leur scolarité n’arrivait pas immédiatement, ils seraient renvoyés. "
— " Oh, vraiment, dit l’hôtelier, qui était un homme au cœur noble, et un bon chrétien, comme tout cela est étrange et merveilleux ; maintenant, je suis doublement heureux de vous avoir demandé de venir vite ! "
Puis, ouvrant son coffre, il sortit trois lourds paquets, et les lui donna, en priant que Dieu veuille bien bénir ce don pour notre famille. Notre mère accepta, avec ces simples mots :
— " Puisse Dieu vous récompenser de votre geste de compassion, digne d’un chrétien, car vous avez agi comme le serviteur de Celui qui a fait la promesse de nous récompenser du don le plus petit, ne serait-ce qu’un verre d’eau fraîche.
Mari et enfants étaient à la maison, attendant notre mère avec impatience ! Ces trois terribles lettres étaient encore étalées sur la table au moment où notre mère, qui avait brusquement quitté le bureau la veille, surgit en se précipitant vers son mari, resplendissante de joie. Sur chacune des lettres, elle posa un rouleau d’argent et s’écria :
— " Regarde cela ! Et maintenant, crois que mettre sa confiance en Dieu n’est ni une folie ni une idée en l’air. "
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